2006/11/09

Détail sur le projet

Les deux dernières journées ont été consacrées des rencontres de travail sur les différents volets de notre projet. Voici donc un résumé de ces différents volets :

Mise en place d’un plan d’urgence national pour Ambulance Saint-Jean Sri Lanka
L’objectif de ce volet est de permettre à l’organisation de formaliser son fonctionnement en cas de mesures d’urgence. Nous cherchons à capitaliser sur la structure en place, en confirmant son utilisation en cas d’urgence. De plus, nous devons nous assurer d’arrimer ce plan à ceux des autorités central, régionale et locale.

Création d’une session d’information sur les situations d’urgence
L’objectif de ce volet est d’informer la population en général sur les actions à prendre afin de se préparer à faire face aux urgences. Ainsi, il est possible pour chaque famille de :
-établir un point de rencontre
-préparer une liste de personnes à contacter avec leurs coordonnées
-préparer une trousse d’urgence contenant les éléments essentiels pour les premiers 72 heures d’une évacuation (i.e. articles d’hygiène, médicament, papiers importants, etc)
-établir une liste de mesure à prendre en cas d’urgences
-etc

Ce programme est inspiré du programme 72 heures développé par le gouvernement canadien en collaboration avec l’Ambulance Saint-Jean et d’autres organisations non-gouvernementales canadiennes.

Création d’un cours de base sur la gestion de mesures d’urgences
L’objectif de ce volet est d’offrir une formation de base sur la gestion de mesures d’urgence. Cette formation s’adresse aux leaders d’Ambulance Saint-Jean Sri Lanka ainsi qu’aux leaders de la communauté. Ce programme est inspiré d’un programme canadien. Il sera cependant adapté au contexte du Sri Lanka. À titre d’exemple, les tempêtes de verglas ne sont pas choses courantes au Sri Lanka alors que les tsunamis sont plutôt rares au Canada.

La formation sera offerte en utilisant la structure de formation de premiers soins actuellement en place dans l’organisation.

Création d’un réseau d’entrepôts dédiés aux situations d’urgences
L’objectif est de mettre en place un réseau national d’entrepôts permettant d’accumuler du matériel afin de supporter les activités de l’organisation dans les situations d’urgence.

Pour la première année, nous fournissons des brancards, des couvertures et des trousses de premiers soins. Nous devrons faire une évaluation des besoins pour les deux prochaines années afin de s’assurer que l’on accumule le bon type de matériel.

Approche de réalisation
Afin de débuter avec une petite bouchée, nous avons convenu de choisir deux des 25 districts du Sri Lanka pour débuter l’implantation. Le premier district est Colombo, où se trouve la capitale ainsi qu’une population urbaine importante. Le deuxième district est Ratnapura, qui se trouve dans le centre du pays en région montagneuse. C’est une région où la majorité de la population se trouve dans un contexte rural.

Ces deux districts pilotes permettront de tester les différents programmes à développer et de s’assurer que l’on puisse les ajuster avant de les lancer plus largement.

Il est important de rappeler que les six membres de l’équipe son bénévole, et qu’ils doivent continuer à travailler dans leur emploi régulier.

2006/11/08

Évacuation d’un village

Aujourd’hui, nous avons assisté à une pratique d’évacuation d’un village. En fait, dans le cadre de la mise en place de plan de mesures d’urgence, il y a un volet de pratique.

La pratique se déroule dans un petit village de pêcheur. Étant donné que c’est la première fois où on en parle officiellement, le tout débute par une session d’information et d’instruction à laquelle assiste une bonne partie du village. Les principales informations sont le lieu de rencontre, les chemins à utiliser pour s’y rendre, ce qu’il faut apporter avec soit, etc. Le tout est présenté par un officier de l’armée.

Suite aux instructions, tout le village se met en marche vers le point de rencontre. C’est une occasion de visiter à pied les environs. Arrivé à destination, on redonne des instructions aux gens afin de tenter de consolider les notions présentées précédemment.

Le principe semble assez simpliste, cependant, si ce type d’exercice avait eu lieu avant, il est probable que plusieurs auraient eu la vie sauve lors du Tsunami.

2006/11/07

En parlant de pauvreté

À Matara, nous nous retrouvons dans un hôtel assez minable… Disons que nous avons le minimum requis pour dormir, et encore… L’endroit est salle… il semble que c’est ce qui à de mieux en ville. J’en doute, mais ce soir, nous n’avons pas le contrôle d’où on dort. Les photos dans l’album résument très bien la situation dans laquelle nous étions.

En passant, je me dois de remercier Maryvonne de m’avoir prêté son drap de voyage en soie. Je m’en suis servi afin de me créer un cocon physique et psychologie pour me protéger de cet endroit peu accueillant.

En soirée, nous allons manger chez Chatherika. Elle vie dans une petite maison à deux étages. On est très loin des standards auxquels nous sommes habitués. Encore une fois, les gens semblent heureux dans ce monde. Ils ne semblent pas chercher à le quitter. Le souper est très bon. C’est bien évidement un repas Sri Lankais traditionnel… riz et curry!

Afin de mettre les choses en perspective, un instructeur Ambulance Saint-Jean Sri Lanka gagne entre 1500$ et 2000$ par année. Encore là, nous sommes assez loin des standards occidentaux. Évidement, le coût de la vie est adapté à ce niveau de salaire.
Voilà encore une source de réflexion.

Effets de l’aide internationale

Malgré la perspective que nous donne le contact avec les traces de destruction, il est intéressant de voir les effets de l’aide internationale. D’abord, il y a plus de nouvelles maisons que de ruines. Tout le long de la route, on voit des affiches indiquant les organisations qui ont aidées à la reconstruction.

À Galle, nous rencontrons les gens de l’équipe de gestion des mesures d’urgences. Contrairement à mes attentes, nous nous retrouvons dans une salle aménagée pour être utilisée comme Centre opérationnel d’urgence. Tous les éléments y sont présents, tel que décrit dans les manuels occidentaux. Nous sommes reçus par le coordonateur des mesures d’urgence du district qui nous fait une présentation Power Point et vidéo sur l’organisation du district en cas de mesures d’urgence. On est loin du pays de tiers monde que l’on m’avait décris. En plus de la reconstruction elle-même, il y a aussi nombre de projet de développement de capacité en gestion de mesure d’urgence.

Avec le support de l’United Nations Development Programme, le gouvernement du Sri Lanka s’est doté d’une loi permettant d’organiser la gestion des désastres. Par la suite, chacun des districts a dû s’organiser selon les standards internationaux de planification afin de répondre aux urgences locales. En plus de ce programme conjoint avec le gouvernement central, il y a une multitude de projets d’aide internationale qui ont été réalisés dans les deux dernières années. Spécialement dans les régions qui ont été touchées par le Tsunami.

On se retrouve donc devant des représentants qui ont été habitués à la dynamique occidental des présentations power point visant de convaincre les organisations non-gouvernementale (ONG) que c’est le bon endroit pour réaliser des projets. Ils connaissent donc par cœur le détail des statistiques de leur district, et ils sont en mesure de vendre leur secteur pour les chances de réussite. Le tout jure un peu avec le type d’environnement où la désorganisation et la pauvreté semble prédominer. C’est probablement une part du progrès que l’on cherche à réaliser par les projets d’aide internationale. Il faut bien commencer quelque part.

Sur les traces du Tsunami

Nous sommes partis ce matin pour deux jours dans le sud du pays (Galle et Matara). Ce sont deux districts qui ont été touchés par le Tsunami du 26 décembre 2006.

Plus on descend vers le sud, plus on remarque les vestiges du Tsunami. La principale trace se remarque aux maisons à moitié démolies et abandonnées de chaque côté de la route. La route est aussi en très mauvais état.

On arrête un peu avant Galle afin de voir les restes du train qui a été emporté par le Tsunami. L’histoire de ce train à fait le tour du monde. Il a été transporté tel quel sur une voie d’évitement dans une gare à proximité. Il est devenu un genre de monument à la mémoire des morts et des disparus de ce train.

C’est particulier comme sensation de voir ce train tordu comme s’il était faire de papier d’aluminium et de penser à la force de la vague qui l’a renversé. Je me suis même permis de monter à bord… c’est marquant!

D’un côté, je me sens un peu voyeur et touriste à prendre toutes ces photos. D’un autre côté, je vous dirais que c’est un moyen de prendre conscience de l’ampleur de ce qui est arrivé. Ce n’est pas la même chose de le voir à la télévision que le réaliser sur le terrain. Les traces de destruction sont encore présentes, même près de deux ans après.

Lorsqu’on demande aux gens d’expliquer la grandeur de la vague, on parle de dimension quasi inconcevable… genre que la vague avait trois étages de haut! C’est un volume d’eau gigantesque. Et les gens sont capables de nous raconter ça avec un sourire! Ça fait réfléchir en mettant les choses en perspective.

2006/11/05

Visite de temples

Ce matin, nous avons eu une rencontre de projet. Le parrain du projet (Dr Samarage) était présent, et cela nous a permis de débloquer plusieurs questions en suspens. Tout semble tomber en place.

Dans l’après-midi, nous avons faire la tournée des temples. Nous avons débuté par un temple bouddhiste, pour continuer par une église chrétienne. Le tout c’est terminé par une mosquée. Le temps hindou est planifié pour plus tard cette semaine.

Il est intéressant de noter que les différentes religions semblent cohabiter entre elles sans problèmes. Chacune d’entre elles apportent son volet à la culture Sri Lankaise. Elles prennent aussi leur emprise dans l’histoire du pays. À titre d’exemple, le volet chrétien origine de la présence hollandaise autour de 1850. L’église que nous avons visitée date de ce moment.

Autre fait intéressant, les jours fériés s’additionnent… Aujourd’hui, c’est la pleine lune (Poya), qui est une fête soulignée par les bouddhistes. Cependant, c’est une fête nationale. Le pays s’arrête donc une fois par mois. Nos collègues nous expliquent que lors des différentes fêtes religieuses les gens de différentes confessions s’échangent des vœux et partagent des repas ensemble.

En passant, étant donné que c'est une journée de fête, il n'y a personne dans les rues. C'est la journée idéale pour visiter Colombo.

2006/11/04

Cérémonie d’inauguration bouddhiste

La journée d’hier à été passée à rencontrer différents membres travaillant au quartier général de l’Ambulance Saint-Jean. Nous avons été invités à une cérémonie d’inauguration pour le nouvel édifice construite avec la coopération de notre organisation sœur : The Johanitter.

Nous nous rendons donc au quartier général sans trop savoir à quoi s’attendre. En arrivant, on nous explique qu’on attend une vingtaine de moines. Une salle de formation a été aménagée afin de les recevoir. Le sol est recouvert de tapis, et une vingtaine de chaises a été réparties autour de la salle puis recouverte de draps blancs. Au centre de la pièce, on apporte une série de plats qui sont recouvert d’un drap aussi.

Les moines arrivent en deux vagues depuis deux temples de la région de Colombo. Tout le monde est très respectueux envers eux. Ils s’assoient sur la série de chaises. Par la suite, tous membres viennent s’assoir au dans la pièce afin d’écouter les prières. Les prières ressemblent presqu’à un chant monotone entonné par une ou deux moines, puis repris par l’assistance.

Après une demi-heure de prière, c’est le début du service du repas pour les moines. Les gens débutent donc le service d’une première série de plat. Chacun s’empresse d’offrir ces plats à chacun des moines. Il faut savoir que les moines n’ont pas le droit de demander de la nourriture. Ils ont simplement le droit de refuser. Ceci explique l’empressement des gens afin de s’assurer que les moines ne meurent pas de faim! On passe ainsi à travers les différents services. On nous demande même de participer au service. Nous avons droit à des sourires sympathiques des moines qui réalisent notre inconfort vis-à-vis cette coutume.

Le repas se termine par une remise de cadeaux. Les cadeaux sont des accessoires pour les moines (tuniques, nourriture, etc). Suite au service, tout le monde se rassoie, afin de compléter une autre série de prières. Le tout se termine par une salutation des moines par les gens via une flexion du genou en joignant les mains.

Les moines ayant quitté, c’est le moment pour le reste des gens de manger. Nous avons donc droit au même repas que les moines, soit le plat traditionnel Sri Lankais : du riz et du curry sous forme de buffet. Nous nous servons et nous mangeons dans la même salle. La majorité des gens mange avec les mains… nous sommes encore un peu gêné pour le faire ne public. Nous nous en sortons donc avec des ustensiles. Nous utilisons aussi les judicieux conseils d’un de nos collègues afin de sélectionner des plats accessibles aux papilles nord américaines, non habituées aux assaisonnements épicés à l’extrême.

Il y aura au moins trois vagues de personnes, en plus des moines, à venir manger à ce buffet. La coutume veut que l’on prépare toujours plus de nourriture que requis afin de la partager avec les voisins. La troisième vague est donc composée des différents agents de sécurités et chauffeurs en factions autour du quartier général.

La cérémonie se continuera une partie de la nuit avec des chants religieux pour souligner l’ouverture de l’édifice.

Il y aura aussi trois autres cérémonies afin de couvrir les différentes convictions religieuses au Sri Lanka (Bouddhisme, Indouisme, Christianisme et Islamisme). En plus de ces quatre religions, il y a trois langues parlées par la population, soit le cingalais, le tamoul et l’anglais. Ceci fait un très beau mélange culturel, et la cohabitation semble en générale très facile.

2006/11/02

Journée de repos chez le ministre...

Aujourd’hui, nous planifions de prendre congé afin de se remettre du décalage horaire. Ceci implique nous ne mettons pas nos cadrans et que nous dormons autant que possible. Youppi!

À 9h25, je reçois un appel sur mon cellulaire pour me dire que nous avons eu un rendez-vous avec le secrétaire du ministère de gestion des désastres. Bravo! Le problème est que la rencontre a lieu à 10h. C’est donc le branle bas de combat afin de réussir à se préparer et à être là à temps. Il faut aussi se rendre dans Colombo 7 qui est le quartier des ministres et des ambassades.

Nous arrivons finalement sur place avec quelques minutes de retard… La rencontre se déroule très bien. Nous établissons plusieurs projets où l’Ambulance Saint-Jean pourrait travailler conjointement avec le gouvernement.

Sur le chemin du retour, nous arrêtons au Haut-commissariat du Canada au Sri Lanka (équivalent de l’ambassade) afin de s’y enregistrer. En cas de problème (i.e. situation de guerre comme au Liban), le gouvernement du Canada pourra nous contacter ou contacter nos proches.

2006/11/01

Visite d’une zone inondée

Nous partons donc après le dîner pour une localité qui a été inondée au nord est de Colombo. Le trajet se faire dans une petite auto quatre places dans laquelle nous arrivons à entrer cinq… C’est un peu serré à l’arrière, mais avec l’air conditionné, c’est tout de même plus confortable que notre premier voyage en autobus depuis l’aéroport.

Le chemin pour se rendre prend environ 90 minutes à travers le trafic de Colombo, puis sur des routes de campagne et finalement sur de petits chemins de terre. Il n’y a pas d’indication ni de nom de rue… le chauffeur doit demander à plusieurs reprises son chemin à des passants. Nous arrivons finalement à la fin de la route praticable en auto. Nous devrons continuer à pied.

Nous marchons donc à travers un champ sur une route surélevée. Il y a de l’eau de chaque côté de la route. Un peu comme si nous traversions un lac. C’est n’est cependant pas le cas… On nous indique l’endroit où la rivière devrait passer. Ce n’est qu’une toute petite partie de toute l’étendu d’eau qui nous entoure.

Nous arrivons finalement à un genre d’île avec une vingtaine d’habitation. Plus de la moitié d’entre elles sont encore entourée d’eau. Nous y rencontrons Manuel qui est instructeur en premiers soins pour l’Ambulance Saint-Jean. Il vit dans une des maisons inondées. Il nous explique que lors de l’inondation, il a du sauver une dizaine de personne qui se sont faire prendre par la crue des eaux alors qu’elles étaient dans les champs. Il nous montre aussi le niveau d’eau lors de la crue… c’est à la hauteur de nos hanches.

Sur un plan plus technique, en plus des effets immédiats des inondations (i.e. il y a de l’eau partout!), il y a une série d’effets secondaires :
-les récoltes sont noyées… il faut donc attendre à la prochaine saison pour recommencer la culture;
-les toilettes sèches utilisées par les habitants se remplissent d’eau, et elles ne sont plus utilisables et elles contaminent les environs;
-les puits sont contaminés par l’eau d’inondation.

Nous repartons avec une meilleure compréhension de la réalité d’une inondation au Sri Lanka. Nous sommes loin ce qu’on pouvait imaginer.

Première journée de travail

Après avoir dormir pendant plus de 15 heures, nous nous retrouvons deux de nos collègues dans le lobby de l’hôtel afin de se rendre au quartier général de l’Ambulance Saint-Jean. C’est à distance de marche depuis l’hôtel. Nous avons donc la chance de s’imprégner de l’esprit de la ville.

Cette petite marche est particulière… nos collègues doivent presque nous prendre par la main pour traverser les rues… premièrement, nous avons plusieurs ronds points à traverser, mais plus difficile encore, la conduite se fait à droite comme en Angleterre. C’est un héritage de la colonisation britannique. Ceci implique que tout est à l’inverse de ce à quoi nous sommes habitués. Lorsque nous traversons la rue, nous regardons donc du mauvais côté pour voir si les autos arrivent… disons, que c’est assez dangereux comme réflexe, spécialement que les Sri Lankais ne sont pas les plus polis au volant. Il faut savoir s’imposer, autant comme piéton que comme chauffeur de véhicule à moteur, afin de pouvoir se frayer un chemin dans la ville.

Grâce à nos guides attentionnés, nous arrivons à destination sans encombre. C’est alors que nous visitons le quartier général. C’est un mini complexe de trois petits bâtiments, dont une partie est à air ouverte. Étant donné le climat tropical, il n’est pas requis d’avoir des doubles fenêtres pour se protéger du froid. En fait, autre que pour les deux ou trois pièces climatisées, on cherche plutôt à bénéficier des courants d’air afin de diminuer l’effet de la chaleur.

Après la visite des lieux, nous présentons, avec le reste de l’équipe, le statut du projet au Commandant en chef de l’Ambulance Saint-Jean au Sri Lanka. Il semble satisfait d’où nous en sommes. Nous débutons la planification de la semaine, et nous établissons quelques rencontres potentielles à réaliser, dont certains ministères à rencontrer ainsi qu’une conférence de presse.

Nous assignons les différents projets de la première année à chacun des membres de l’équipe. Finalement, on nous suggère d’aller voir une zone inondée par les pluies torrentielles des derniers jours. Ce sera notre activité de l’après-midi.